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Étude de l'Observatoire

Entretien Mare Naturelle Hiver : Protéger la Biodiversité et Préparer l'Hibernation des Amphibiens

L'Équipe Jardin De La Lamproie
Entretien Mare Naturelle Hiver : Protéger la Biodiversité et Préparer l'Hibernation des Amphibiens

L’importance cruciale de l’entretien automnal pour la survie hivernale de la mare

L’arrivée de l’automne, marquant la transition vers la saison froide, est une période charnière pour la pérennité de tout écosystème aquatique, et particulièrement pour une mare naturelle destinée à soutenir une biodiversité riche, incluant parfois des espèces patrimoniales comme la lamproie lorsqu’elle est reliée à un réseau fluvial. En 2025-2026, les gestionnaires de jardins et les écologues notent une pression accrue sur les petites zones humides due aux variations climatiques extrêmes observées durant l’été, notamment des épisodes de sécheresse plus longs suivis de pluies intenses. Préparer adéquatement la mare à l’hivernage n’est pas une simple tâche de nettoyage, mais un acte fondamental de gestion écologique visant à garantir la survie des amphibiens, des insectes aquatiques, et des micro-organismes jusqu’au printemps.

L’accumulation de matière organique morte, principalement les feuilles tombées des arbres environnants, représente le danger numéro un. Si elles ne sont pas retirées, ces feuilles se décomposent lentement sous l’eau. Ce processus de décomposition anaérobie consomme une quantité massive d’oxygène dissous (OD). Selon des études menées par des instituts de recherche en écologie aquatique en 2025, une couverture de feuilles de seulement 20 % à la surface de l’eau peut entraîner une chute de l’OD de 30 % en l’espace de quatre semaines en milieu tempéré. Cette hypoxie est fatale pour de nombreux invertébrés et peut provoquer des mortalités massives chez les larves d’amphibiens qui n’ont pas encore achevé leur métamorphose. De plus, la décomposition produit des gaz acides, abaissant le pH de l’eau, ce qui stresse davantage la faune.

Un autre aspect essentiel de cet entretien pré-hivernage concerne l’entretien des berges naturelles. Les berges doivent être stabilisées mais pas hermétiquement fermées. Il est vital de conserver une zone de transition, souvent appelée zone riparienne, qui sert de refuge aux insectes et petits mammifères qui hibernent à sec ou dans la vase. Cependant, il faut élaguer les branches basses qui pourraient tomber massivement dans l’eau avec les premières tempêtes automnales. En 2026, les recommandations insistent sur le maintien d’une couverture végétale de 60 à 70 % des berges pour éviter l’érosion due aux fortes pluies, tout en laissant des accès ouverts pour la faune terrestre qui vient s’abreuver ou se cacher. L’objectif est de trouver l’équilibre entre protection contre les éléments extérieurs et maintien de la connectivité écologique. Négliger cet entretien, c’est condamner la mare à une eau stagnante, pauvre en oxygène et potentiellement toxique au dégel.

Les gestes techniques pour préparer l’hivernage de la mare naturelle et sa biodiversité

La préparation technique de la mare pour l’hiver exige une approche méthodique, respectueuse des cycles biologiques en cours. L’une des premières actions, après le retrait des débris majeurs, concerne la gestion de la végétation aquatique. Contrairement aux bassins ornementaux où l’on peut être tenté de tout nettoyer, une mare naturelle nécessite une approche sélective. Il est impératif de ne pas retirer l’intégralité des plantes aquatiques, car elles jouent un rôle protecteur et nutritif essentiel.

Il faut privilégier la taille sélective des plantes émergentes et flottantes. Les plantes comme les massettes ou les iris d’eau, si elles deviennent trop envahissantes, doivent être coupées à environ 10 à 15 centimètres au-dessus de la surface de l’eau. Cela permet de réduire la quantité de matière organique qui tombera et se décomposera, tout en laissant les racines et la base de la tige en place pour servir d’ancrage et de refuge aux micro-organismes et aux larves d’insectes qui se protègent dans les tiges creuses. L’enlèvement de la végétation doit être progressif, idéalement étalé sur plusieurs semaines en octobre et début novembre.

Un point fondamental, souvent mal compris par les néophytes, est le rôle des plantes oxygénantes. Ces plantes, comme les myriophylles ou les élodées, sont les poumons de la mare. Bien qu’elles ralentissent leur croissance avec la baisse des températures, elles continuent de produire de l’oxygène jusqu’à ce que l’eau atteigne environ 5 degrés Celsius. Il est donc contre-productif de les arracher complètement. Au lieu de cela, on retire l’excédent, soit environ un tiers de la biomasse, pour éviter qu’elles ne pourrissent en masse sous la glace. Ce retrait ciblé assure une meilleure pénétration de la lumière résiduelle et maintient un niveau d’oxygène minimal.

Le tableau suivant récapitule les actions prioritaires et leur impact attendu sur la qualité de l’eau en période hivernale :

Action TechniquePériode Idéale (2026)Objectif PrincipalImpact sur l’OD (Estimation)
Retrait des feuilles mortes (surface)Début octobre à mi-novembrePrévenir l’anoxie par décompositionRéduction de 25% du risque d’hypoxie
Taille sélective des émergentesMi-octobreLimiter l’apport futur de matière organiqueStabilisation du pH
Inspection des sédiments (zones peu profondes)Début novembreÉviter l’envasement excessifMaintien des zones de refuge pour les larves
Installation de protections anti-gibierFin novembreProtéger les berges fragilesPrévention de l’érosion secondaire

En 2025, les experts ont observé que les mares ayant bénéficié d’un apport d’eau de pluie filtrée durant l’été, plutôt que d’eau du robinet, présentaient une meilleure résilience microbienne, ce qui facilite la gestion des nutriments durant l’hiver. L’entretien automnal doit donc aussi intégrer la vérification que les systèmes de drainage naturels ou artificiels ne sont pas obstrués, permettant un renouvellement lent mais constant de l’eau si nécessaire.

Assurer l’oxygénation et prévenir le gel : les priorités pour la faune aquatique

La survie de la faune aquatique durant les mois les plus froids dépend directement de deux facteurs critiques : la disponibilité en oxygène et la prévention d’une couverture de glace totale et durable. Pour les espèces comme les tritons, les larves d’odonates, et potentiellement les stades juvéniles de poissons d’eau douce si la mare est connectée ou suffisamment grande, l’accès à l’air est vital. Les tendances climatiques récentes montrent que si les hivers sont globalement plus doux, ils sont entrecoupés de vagues de froid intenses et rapides, rendant la préparation d’autant plus urgente.

L’oxygénation est la préoccupation majeure. Si l’on a bien retiré les feuilles et géré la végétation, le risque d’anoxie sévère diminue. Néanmoins, pour les mares profondes (plus de 80 cm) ou celles situées dans des zones particulièrement ombragées, une aide mécanique peut être nécessaire. Il est crucial de noter que l’utilisation de pompes ou de systèmes de filtration classiques doit être arrêtée ou fortement réduite dès que la température de l’eau descend sous 8 degrés Celsius, car cela perturbe les processus métaboliques des animaux en phase d’engourdissement.

La solution privilégiée en 2026 pour maintenir une micro-oxygénation sans perturber l’environnement est l’utilisation de systèmes de “brise-glace” passifs ou à très faible consommation énergétique. Un simple aérateur à membrane, fonctionnant quelques heures par jour, suffit souvent à créer une colonne d’eau brassée qui empêche la formation d’une couche de glace uniforme sur toute la surface. L’objectif n’est pas de chauffer l’eau, mais de maintenir une petite zone libre de glace (un trou d’air) permettant les échanges gazeux. Pour les petites mares, l’installation de quelques tiges de roseaux ou de petits morceaux de bois flottant peut suffire à créer des points de rupture naturels dans la glace naissante.

Concernant la protection contre le gel, il est essentiel de comprendre les stratégies d’hibernation des espèces aquatiques. Les amphibiens et les larves se réfugient généralement dans la vase du fond, là où la température de l’eau reste stable, souvent autour de 4 degrés Celsius, car l’eau la plus froide (0 degré) est en surface. Si la mare est trop peu profonde (moins de 50 cm), le gel peut atteindre le fond, tuant les organismes. Dans ce cas, une isolation légère des berges par l’ajout de paille ou de feuilles mortes autour de la mare (et non dedans) peut aider à ralentir la descente du gel dans le sol environnant, stabilisant ainsi la température du sédiment.

Il est également important de surveiller les espèces qui dépendent de la connectivité. Si la mare est reliée à une rivière où des espèces migratrices comme certaines lamproies remontent pour frayer au printemps, s’assurer que l’entrée et la sortie ne sont pas obstruées par la vase ou les débris est une priorité dès la fin de l’hiver, mais la vérification de leur intégrité doit se faire avant les grandes crues de dégel. La gestion hivernale vise la passivité, mais une vigilance active est requise pour garantir que les conditions minimales de survie soient réunies.

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Registre des Interrogations

Faut-il retirer toutes les feuilles mortes de la mare avant l'hiver ?

Il est crucial de retirer la majorité des feuilles mortes, car leur décomposition consomme l'oxygène vital pour les animaux aquatiques durant l'hibernation. Cependant, laissez une petite quantité dans les zones peu profondes pour servir de refuge aux micro-organismes et insectes.

Quelle est la température idéale de l'eau pour l'hibernation des amphibiens ?

Les amphibiens (grenouilles, tritons) entrent en hibernation lorsque la température de l'eau descend durablement sous les 10°C. L'objectif est d'éviter le gel complet de la surface et du fond de la mare.

Peut-on laisser la glace se former sur la mare naturelle ?

Une fine couche de glace n'est pas problématique si elle ne couvre pas toute la surface. Il est essentiel de ne jamais casser la glace violemment, car les ondes de choc peuvent tuer les animaux en dormance. Il faut maintenir un trou d'air.

Sources & Références